Comment faire une fusion HDR dans Lightroom 6 / CC ? – Apprendre la Photo


Bonjour à tous et bienvenue dans cette nouvelle
vidéo sur Apprendre la Photo. Aujourd’hui, je vais vous faire une vidéo
sur une toute nouvelle fonction qui vient de sortir dans la nouvelle version de Lightroom
– la version Lightroom 6 ou CC, selon la formule choisie – et qui est la fonction
HDR. Avant de parler de la fonction, je vais quand
même faire un petit rappel sur ce qu’est le HDR et pourquoi on le fait. HDR signifie High Dynamic Range et c’est
une méthode qui consiste simplement à fusionner deux photos avec des expositions différentes
pour permettre d’avoir une bonne exposition dans une situation où la lumière n’est
pas évidente, notamment une situation où, typiquement, si vous faites une photo, vous
allez avoir quelque chose comme ça, qui va être trop claire dans une partie de l’image,
surexposée – on voit bien, à droite, sur l’histogramme, que c’est surexposé –, et
le reste de l’image peut être bien exposé. Ou alors, vous pouvez sous-exposer un peu
pour ne pas avoir cette surexposition, mais vous allez avoir des endroits trop sombres,
ou faire l’inverse et, dans ce cas-là, vous aurez des endroits suffisamment lumineux
dans le paysage, mais des endroits complètement cramés. En gros, c’est une situation de lumière
– qu’on appelle une scène avec une grande dynamique – où votre capteur ne va pas
être capable d’enregistrer la différence de luminosité entre la partie la plus sombre
de l’image et la partie la plus lumineuse. Dans ce cas-là, la seule solution c’est
soit de diminuer la lumière dans la partie lumineuse avec, par exemple, ce qu’on appelle
un filtre gradué (dont je vous ai déjà parlé auparavant dans d’autres vidéos),
ou alors de s’en sortir au post-traitement. Au post-traitement, dans Lightroom, si vous
avez une image où vous n’avez pas trop perdu de détails – par exemple celle-ci,
ça devrait marcher – vous pourriez faire un filtre gradué, mais vous voyez qu’ici,
comme j’ai des pentes, ça ne va pas être très évident de faire un filtre gradué. Donc, on va pouvoir faire du HDR, comme je
l’ai dit : fusionner deux ou plusieurs expositions pour avoir le meilleur de chacune, la partie
lumineuse, mais pas trop – qu’on a ici en haut – et la partie – ici en bas – où
ce n’est pas trop sombre non plus. C’est la technique HDR. Auparavant, il fallait passer par un autre
logiciel que Lightroom – soit Photoshop, soit un logiciel spécialisé là-dedans –, et
maintenant on peut le faire directement dans Lightroom, littéralement en quelques clics. C’est donc une fonction super pratique si
vous faites pas mal de scènes où il y a une assez forte dynamique. Très rapidement et concrètement, comment
fait-on à la prise de vue ? Il vous faut une photo qui soit globalement sous-exposée
– c’est-à-dire où les parties très lumineuses de l’image vont être d’une
luminosité assez normale, mais, du coup, les parties de luminosité normale vont être
sombres –, et une photo qui, à l’inverse, va être surexposée – c’est-à-dire que
les parties lumineuses de l’image vont être totalement cramées, par contre, les parties
normales vont être bien lumineuses. Pour faire ça à la prise de vue, il y a
plusieurs fonctions possibles sur lesquelles j’ai déjà écrit sur le blog, donc je
ne vais pas revenir dessus – mais je vous mets les liens directement dans la vidéo. Donc, si vous n’avez pas encore lu ces articles,
cliquez sur le lien pour en savoir plus. Il y a le Bracketing d’Exposition Automatique
qui est idéal pour faire ça. Sur certains appareils plus récents, on appelle
ça la « Fonction HDR ». Ça a un nom plus parlant, mais la fonction est la même : le
principe est de prendre une photo avec une exposition normale, puis une photo surexposée
et une photo sous-exposée et comme ça, en appuyant une fois, et en maintenant appuyé
le déclencheur, vous avez suffisamment d’expositions pour pouvoir ensuite faire un HDR au post-traitement. Si jamais vous n’avez pas ces fonctions-là,
vous pouvez le faire manuellement en utilisant, par exemple, la correction d’exposition
pour laquelle je vous mets également un lien dans la vidéo. Si possible, il faut shooter sur trépied,
car comme vous allez fusionner des images, il vaut mieux qu’elles soient cadrées exactement
de la même façon, mais il est possible de le faire à main levée, car Lightroom va
inclure une fonction pour aligner automatiquement les images. Je vais vous montrer ça tout de suite. Mais si vous le faites à main levée, il
faut le faire en rafales avec une fonction de Bracketing d’exposition automatique,
parce que c’est vraiment ce qui va vous apporter les meilleurs résultats. Sans plus attendre, je vais vous montrer la
fonction dans Lightroom, vous allez voir que c’est vraiment très simple. L’idéal, dans Lightroom, c’est de le
faire avec seulement deux images. Ici, c’est une photo que j’ai prise assez
récemment, je n’avais pas pu tester la fonction HDR de Lightroom et je ne savais
pas qu’on pouvait le faire avec seulement deux images, donc j’en avais pris cinq,
au cas où. On va donc le faire avec deux images. Je vais prendre cette image, ici, où j’ai
un décor qui est bien exposé. Vous voyez qu’ici, j’ai bien de la lumière,
mais c’est beaucoup trop clair en haut de l’image, évidemment. Je vais également prendre cette image-ci,
où le reste est nettement plus sombre. Je sélectionne les deux photos en maintenant
la touche Cmd (sous Mac) ou Ctrl (sous Windows) enfoncée, et je fais clic droit>Fusion
de photos>HDR (vous avez aussi un raccourci clavier qui s’affiche à côté). Je clique dessus. Lightroom va travailler un peu pour créer
l’aperçu HDR et nous montrer ce que va donner la photo, et là on va voir les différentes
options qui se passent dans Lightroom. Ces deux photos ont été prises à main levée,
donc elles ne sont pas cadrées exactement de la même façon. Vous voyez que Lightroom a une option « Alignement
automatique », ici, qui va vous permettre d’aligner automatiquement les images. Vous voyez que si je ne le fais pas, on distingue
un décalage ici. On ne le voit pas forcément en grand, mais
si je remets l’alignement automatique, il n’y aura plus de décalage et le résultat
final sera meilleur. Il faut toujours cocher l’alignement automatique,
même si vous êtes sur trépied il est possible que ça ait un tout petit peu bougé. Donc, cochez toujours ça et cochez également
« Tonalité automatique ». Il faut toujours le garder coché. Ensuite, vous avez une fonction qui est la
correction des décalages. Qu’est-ce qu’un décalage dans le vocabulaire
de Lightroom ? Par exemple, vous voyez qu’ici j’ai des bateaux dans l’image et j’ai
aussi des gens. Et, évidemment, entre deux photos – même
si elles ont été prises en rafales –, ces bateaux et ces gens ont forcément légèrement
bougé. Ce sont des sujets mobiles et ils ont forcément
bougé. En fusionnant les photos, on va avoir de petits
effets de bordure si on ne fait rien. La fonction de correction des décalages va
permettre d’éviter ça, et vous allez pouvoir, dans cette fusion HDR de Lightroom, corriger
les décalages grâce à ces boutons, ici. « Faible », « Moyen » ou « Élevé », ce
sont les différents niveaux de décalage selon comment vos sujets ont bougé. Ici, comme je peux considérer que c’était
une rafale, qu’ils sont assez loin dans l’image et qu’ils ont assez peu bougé,
« Faible » suffira sans doute. Parfois, il faudra peut-être essayer plusieurs
choses pour voir ce qui marchera le mieux pour vous. Je montrerai d’autres exemples. Et vous voyez qu’avec cette case, vous pouvez
vous afficher l’incrustation de la correction de décalage. C’est-à-dire que Lightroom va vous montrer
à quel endroit il a corrigé les décalages, en mettant du rouge dans l’image. Ici, on ne le voit presque pas – je vais
mettre sur « Élevé » pour qu’on voie mieux – et vous allez voir que dans cette
image il n’y a pas grand-chose à corriger, car ces gens sont assez lointains. Il a corrigé un peu ici, il souligne légèrement
en rouge, mais on ne le voit quasiment pas parce qu’il y a très peu de décalage entre
les images. C’est un bon indice qu’on peut laisser
sur « Faible », parce que de toute façon, on sait qu’il y a assez peu de décalage
dans l’image puisqu’on ne voit pas de grandes parties rouges s’afficher (je vais
vous montrer juste après comment faire). Je remets sur « Faible », parce que ça
me paraît pas mal, et ensuite, quand il aura créé l’aperçu, je vais cliquer sur « Fusionner
», il va travailler et il va créer un nouveau fichier qui va résulter de la fusion de ces
deux photos aux expositions différentes. Ce nouveau fichier est un fichier RAW. Vous ne perdez pas la qualité RAW : c’est
un fichier .dng, qui est un format RAW ouvert, et vous voyez qu’ici, j’ai une image avec
une plus grande dynamique. J’ai réussi à avoir des détails à la
fois dans les ombres et dans les hautes lumières, et ensuite je peux la travailler dans le module
Développement comme je travaillerais n’importe quel fichier RAW. Je peux modifier l’exposition, faire des
filtres gradués, etc. Je peux faire plein de choses, il n’y a
absolument aucun souci. Si je faisais le test avec cinq images, vous
verriez que la différence ne serait pas énorme. Je vais vous montrer rapidement, mais je vais
couper le processus, parce que ça va être un peu long avec cinq images. Le désavantage d’avoir cinq images, c’est
que c’est plus long pour Lightroom de créer l’aperçu HDR et de l’exporter ensuite,
mais je vais vous montrer tout de suite la différence. Lightroom a créé le second fichier RAW : celui-ci
avec cinq images et celui-là à partir de deux seulement, et si je sélectionne les
deux et que je les compare, vous allez voir que l’on ne voit pas spécialement de différences
dans les détails. Si je regarde ici, vous voyez (à droite c’est
avec cinq images et à droite avec deux images) qu’on n’a pas plus de détails dans les
ombres, les différences sont à peine visibles, même quasiment invisibles. Il n’y a pas grand-chose comme différences
; personnellement, je n’en vois pas du tout. Peut-être qu’en imaginant un peu on pourrait
en voir, mais c’est absolument anecdotique. Donc ce n’est pas la peine de faire avec
cinq images, parce que vous allez prendre plus de temps, puisque Lightroom va mettre
plus de temps à fusionner cinq images, et vous allez prendre plus de place sur votre
ordinateur. Donc, maintenant, si vous voulez faire des
HDR, à la prise de vue prenez seulement deux images et ça suffira amplement. En plus, comme il y a eu cinq images qui ont
été fusionnées, il y a plus de chances qu’il y ait un décalage, et vous voyez
que sur la tour on voit un léger décalage : si je zoome, on a un décalage qui apparaît
sur la tour, très clairement, une bordure qui n’apparaît pas sur celle qui a été
fusionnée avec deux images. Ici, j’aurais certainement dû sélectionner
une option de correction des décalages plus élevée pour éviter ça. Et plus on fait de corrections de ce genre,
plus ça peut être problématique, donc il vaut mieux le faire avec deux images, c’est
a priori la meilleure manière de faire un HDR dans Lightroom. En parlant de décalage, il faut quand même
faire attention à une chose, ce sont les photos avec des poses longues. Je vais vous montrer sur ces deux photos-ci
qui ont été faites en pose assez longue – vous voyez, celle-ci à 25 secondes et
l’autre à 30 secondes – avec des expositions différentes. Je veux faire une fusion HDR de ces deux photos
pour avoir quelque chose où j’ai plus de détails dans les ombres et dans les hautes
lumières. Par défaut, si je mets la correction de décalage
« Faible », on a de grandes parties rouges dans l’image. Qu’est-ce que ces grandes parties rouges
? C’est l’incrustation des corrections, ce sont les endroits où Lightroom me dit
: attention, à ces endroits-là j’ai fait une correction de décalage. Si vous enlevez l’incrustation, vous voyez
qu’ici, dans l’eau, on voit la limite. Si vous êtes en plein écran et en HD, vous
allez voir la limite (ou peut-être pas), et si je mets en « Élevé » pour qu’on
voie bien les différences, on va voir dans l’image à quel endroit Lightroom a corrigé
les décalages. Et du coup, ça va nous poser problème. Par exemple, ici on voit de gros traits, on
voit bien que Lr a corrigé les décalages à certains endroits, c’est vraiment très
visible. Il y a des limites, un peu comme si on avait
utilisé le pinceau de retouche dans l’image de manière très peu délicate. Pourquoi ça pose ce genre de problème ? Simplement
parce que les photos ont été prises sur trépied, donc le décalage entre les deux
est inexistant – le Ponte Vecchio à Florence est exactement au même endroit, puisque j’ai
utilisé un trépied –, par contre, comme ce sont deux poses longues, évidemment les
mouvements de l’eau ont été différents, Lightroom va considérer ça comme un décalage,
comme un sujet mobile, alors qu’il vaudrait mieux le laisser fusionner ça de manière
plus douce et simplement mélanger les deux images de l’eau, ce qui donnera un bien
meilleur rendu. Si je le mets sur « Nul », vous allez voir
que le rendu de l’eau est bien meilleur, y compris dans le ciel, également. Pour le coup, quand vous avez des images avec
de l’eau, en pose longue, essayez d’éviter de faire la correction de décalage, sinon
vous pourriez avoir ce genre de problème qui se crée. Je vais vous montrer un cas complètement
différent où, là, au contraire, il va falloir appliquer une correction de décalage élevée. Ce sont deux photos qui ont été prises en
Irlande, où j’avais une grosse dynamique dans la scène, puisque j’avais un ciel
qui, bien que nuageux, était assez lumineux et le reste de la scène assez sombre, et
vous voyez que grâce au HDR, je résous pas mal le souci. Par contre, j’ai des sujets mobiles dans
l’image qui sont les moutons. On les voit ici et si vous regardez bien,
le mouton ici a un dos vert. Tout simplement parce qu’il a bougé entre
les deux photos qui n’ont pas été prises à la suite, mais à quelques minutes de décalage. Du coup, les moutons ont bougé et le logiciel
a un peu fusionné comme il pouvait puisqu’on n’a pas activé la correction de décalage. SI je la mets sur « Faible », vous allez
voir que ça va résoudre la correction de décalage qu’on peut voir, par exemple,
au niveau de la montagne – il y avait un léger décalage –, par contre, les moutons
n’ont pas été corrigés (ils ne sont pas en rouge). Je vais donc aller jusqu’à « Élevé », et
là, vous allez voir qu’il va m’inclure quasiment toute l’image – toute la partie
montagneuse, en tout cas – pour corriger les moutons, ici. Vous voyez qu’il prend à chaque fois un
peu de temps, parce que, forcément, c’est pas mal de calcul, mais ça a été corrigé. Je fais « Fusionner » et vous allez voir,
sur le fichier final, qu’il n’y a pas d’éléments bizarres dans les moutons,
qu’il y a un bon rendu. Je vais vous montrer après ce que ça fait
si on ne met pas de correction de décalage du tout. À gauche, c’est l’image avec une correction
de décalage élevée, et à droite l’image avec une correction de décalage nulle, et
vous voyez bien, ici, sur les moutons, que ça fait très bizarre, car on a un mouton
avec un dos vert, une petite ligne blanche au-dessus, c’est vraiment très étrange. Si je zoome encore plus, on voit bien un mouton
qui est bizarre, par contre, quand on a fait la correction de décalage, Lightroom a bien
compris et il nous a mis le mouton de la première image – qui n’est pas tout à fait au
même endroit, mais qui, en tout cas, n’est pas étrange. Vous voyez qu’on l’avait un peu partout,
on avait des effets un peu étranges à plusieurs endroits, donc, là, il fallait choisir une
correction de décalage élevée. En gros, ça dépend vraiment des sujets mobiles
dans l’image : est-ce qu’ils ont beaucoup bougé ou pas, et est-ce que vous avez des
sujets mobiles ? Si vous n’avez pas de sujets mobiles, ne
faites pas de correction de décalage, y compris si vous avez de l’eau en pose longue. Si vous avez des sujets qui ont très légèrement
bougé entre deux photos, par exemple si vous avez fait une rafale en mode de Bracketing
d’Exposition Automatique, vous pouvez choisir « Faible ». Et si vous avez des sujets qui
ont beaucoup bougé, vous pouvez choisir « Élevé ».
Voilà pour la fonction HDR de Lightroom. J’espère que vous aurez bien appris comment
vous en servir. N’hésitez pas à le faire avec vos photos
si vous avez déjà de quoi faire du HDR, pour vous familiariser un peu avec la fonction,
et puis apprendre à l’utiliser et savoir, sur le terrain, que vous avez cet outil dans
votre besace et que vous pouvez parfois résoudre certaines situations grâce à ça. Je vous dis à très bientôt sur le blog,
et bonnes photos !

14 Replies to “Comment faire une fusion HDR dans Lightroom 6 / CC ? – Apprendre la Photo”

  1. Salut, merci pour tes vidéos, c'est SUPER ! 🙂
    J'ai une question GRAVE ! :
    Je m'essai au Braketing et à la fusion HDR dans Lightroom pour de la photo immobilière.
    Je fais pourtant tout bien, shoot en RAW, ISO au minimum avec pause longue sur trépied stable et retardateur pendant mon Braketing, puis fusion HDR dans Lightroom mais dès que je développe le fichier final y a énormément de bruit numérique, voir de petits aplats artefacts lumineux, inexploitable, ça ne ressemble à rien et Lightroom n'arrive même pas à atténuer ce bruit !
    J'ai un compact expert, le Canon G7X MkII, le problème vient-il simplement de la taille du capteur 1 pouce ou est-ce autre chose ??? Une idée ?
    MERCI ! 🙂

  2. Bonjour,

    Très claire la vidéo…

    Je suis débutant sur LR et j'ai un petit souci…
    Je n'arrive pas à fusionner des photos. Voici ce qui s'affiche :

    "Impossible de fusionner les photo.

    Il se peut que les métadonnées nécessaires à la fusion soient manquantes pour une ou plusieurs des photos sélectionnées".

    Que dois-je faire? Merci pour le retour…

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